Comment je ne suis pas devenu moine (Futuropolis)

Comment je ne suis pas devenu moine

« Comment je ne suis pas devenu moine« , c’est l’histoire de Jean-Sébastien Bérubé, un Québécois qui vient de la région reculée de Rimouski et qui a décidé de s’immerger dans le berceau du Bouddhisme. On le suit dans son voyage au cœur du Népal, en plein choc culturel. Très vite, comme un touriste qui débarque avec ses chaussures de rando et son gros sac à dos, il est confronté à la réalité du terrain. Et très souvent, un fossé qui se creuse entre l’idée qu’il se fait du Bouddhisme et la réelle vie des adeptes de cette philosophie. Avec ce roman graphique, on nous emmène dans un voyage initiatique fait de petites révélations et de grandes désillusions.

Jean-Sébastien Bérubé est attiré par le Bouddhisme depuis tout petit, il a lu tout ce qu’il pouvait lire sur le sujet, il a même appris le tibétain dans un temple de Montréal. Et un jour, il décide de sauter le pas, il prend un billet d’avion pour Katmandou au Népal.

Quand il arrive sur place, il vit ce que tout occidental a déjà vécu en voyage. Il est blanc, il est sûrement riche, il devient donc tout naturellement le pigeon de service que tout le monde veut arnaquer. Les sollicitations sont nombreuses et Jean-Sébastien Bérubé est habité par une naïveté touchante, il est tellement amoureux de cette culture, de ce peuple, sans même le connaître, qu’il va se laisser berner à de nombreuses reprises.

À travers son voyage, on découvre aussi les tensions entre la Chine et le Tibet. On découvre les nombreuses démarches administratives qu’il devra effectuer pour entrer au Tibet. Il y rencontrera des étudiants chinois qui n’ont aucun doute sur le fait que le Tibet ou même la Mongolie appartiennent à la Chine. Choc des cultures, choc des versions de l’histoire qui sont enseignées.

Le dessin de Jean-Sébastien Bérubé dit beaucoup sur sa ténacité. On apprend dans la préface que pendant longtemps l’auteur a souffert d’une tendinite qui l’empêchait de dessiner plus de 10 minutes par jour. C’est à force de volonté et de rééducation, il a dû apprendre à tenir son crayon autrement et donc à dessiner autrement, qu’il a pu mener à bien son projet de bande dessinée. Ses dessins sont très précis, tout en nuance de noir, blanc et gris. À la fin de l’ouvrage, on retrouve des croquis en couleur réalisés pendant son voyage. Et c’est là qu’on réalise que le roman manque de couleur. J’aurais aimé voir les couleurs vives des drapeaux de prières ou encore les dorures des temples bouddhistes.

J’ai trouvé ce roman graphique très touchant. Comment réagir quand on s’est construit des images et que celles-ci ne correspondent pas à celles qu’on découvre ? Comment s’adapter quand nos projections ne passent pas le cap de la réalité ? Comment rester ouvert d’esprit, ouvert à la rencontre, ouvert à l’autre quand on s’est fait arnaquer à de nombreuses reprises ? « Comment je ne suis pas devenu moine« , c’est un rêve déçu, mais qui a fait grandir son auteur, apprendre sur lui-même et sans doute gagner en maturité. Il n’est pas devenu moine, mais il est certainement devenu un excellent auteur de bande dessinée.

Comment je ne suis pas devenu moine

29€
Comment je ne suis pas devenu moine
9.3

Scénario

9.5 /10

Dessins

9.0 /10
Advertisements

You may also like...

%d blogueurs aiment cette page :