Communardes ! - Nous ne dirons rien de leurs femelles

Communardes ! – Nous ne dirons rien de leurs femelles (Vents d’Ouest)

Marie n’est pas une intellectuelle, ni une aristocrate, encore moins une militante. La Commune, elle aurait pu ne pas la vivre, et continuer à accumuler de la rancœur et de l’amertume dans sa vie de servante, d’ouvrière à la journée.

Seulement, la Commune est là et, avec elle, une occasion en or de régler les comptes, de laisser sortir enfin cette froide colère qui lui tord le ventre, de redresser la tête, de faire payer ceux qui ont fait de sa meilleure amie Eugénie : un fantôme dont le rire dément résonne dans une crypte de damnées.

La Commune promet que les lâches et les oppresseurs d’hier vont payer. Ça tombe bien, Marie en connaît quelques-uns. Et elle est prête à se salir les mains…

Tout comme je vous en parlais dans un article précédent, ce tome de « Communardes! » nous montre comment les femmes ont aidé pendant les combats entre communards et royalistes lors de la Commune.

Mais en plus de ça, « Nous ne dirons rien de leurs femelles » nous montre encore plus quelle était la condition de la femme en cette période de l’Histoire de France, mais un peu partout ailleurs aussi. En effet, en nous montrant le sort réservé à Eugénie par son père suite à la découverte de sa grossesse hors mariage, on peut voir qu’à cette époque la femme était considérée comme du bétail et un être inférieur en tous points.

Mais ce qui m’a sans doute le plus choqué est le plaidoyer du professeur Louis Bergeret lors du procès de Marie au cours duquel il dit :
« […] Cette maladie mentale, que l’on nomme socialisme, et qui fleurit partout, il est de notre devoir d’en protéger les femmes, par nature plus fragiles, physiquement, en les tenant éloignées de la chose politique, car quand la femme se mêle de politique, voilà ce que l’on obtient : cette caricature de l’engagement, cette perte de discernement et au final, des furies qui incendient la ville. […] » (Cf planches 50 à 53).

Sans m’étendre plus en avant sur le statut de la femme à cette époque, « Nous ne dirons rien de leurs femelles » – tout comme le reste de la série – nous offre, grâce à une documentation poussée, un angle différent sur une des nombreuses périodes troubles de notre histoire contemporaine et vaut le détour ne fusse que pour ça.

Communardes ! - Nous ne dirons rien de leurs femelles

14,5€
7.5

Scénario

8.0/10

Dessins

6.9/10

Laisser un commentaire:

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :