Joseph Carey Merrick ou la biographie d’Elephant Man en bande dessinée (Sandawe)

1911, Le Caire.
Frederick Treves, fameux médecin anglais à la retraite, raconte à un ami sa rencontre avec un homme totalement difforme qui devint célèbre en son temps : Joseph Carey Merrick, appelé « Elephant Man ».

Joseph Carey Merrick

1884, Londres.
Tom Norman, forain, prend en charge ce jeune homme hideux avec lequel il va s’associer pour faire de ce dernier une attraction. Joseph devient un monstre de foire à Londres.

1862, Leicester.
Mary Jane Potterton et Joseph Rockley Merrick, gens de peu, se rencontrent, s’aiment et se marient. Ils ont trois enfants, dont le premier, Joseph Carey, développe une maladie qui lui déforme lentement la peau et les os. Le jeune garçon doit endurer rapidement le regard sans pitié des gens. Victime de ses camarades à l’école, il subit à la maison les sentiments mitigés de ses parents à son égard : son père a pour lui du ressentiment et sa mère l’aime d’un amour qui supporte parfois mal le poids de son handicap physique. Plus ce mal progresse, plus Joseph est exclu de la vie. Sa mère est pratiquement son seul refuge.

Son petit frère décède en 1870. Mary Jane est éplorée, elle perd son enfant préféré. Elle ne lui survit pas longtemps, et meurt en 1873. Le monde de Joseph s’écroule : la seule personne qui lui témoigne un tant soit peu d’affection disparaît. Son père se remarie peu après avec une veuve que Joseph dégoûte immédiatement. Il devient le souffre-douleur de celle-ci, et subit la moquerie de ses deux enfants.

D’humiliations en douleurs, Joseph va voir sa maladie lui fermer les portes de l’école et de toute usine. Il tente de vendre des articles de la mercerie familiale, sans succès. Las des remontrances de sa belle-mère, il quitte son père, sa sœur et sa belle-famille pour l’hospice des pauvres de Leicester. Expérience horrible que de vivre au milieu des réprouvés qui le conchient. Il finit par s’enfuir de l’hospice pour devenir une attraction à Leicester, puis à Londres où il travaille avec Tom Norman.

1884, Londres.
Joseph rencontre pour la première fois Frederick Treves, qui l’ausculte. Ce dernier donne sa carte de visite au pauvre homme, dans l’espoir de le revoir. Cependant, l’exhibition de monstres en Angleterre est de plus en plus contrainte ou interdite, et Norman envoie Joseph sur le Continent pour continuer son négoce. Même interdiction à Bruxelles, où Joseph est abandonné et dépouillé de ses économies par l’imprésario qui s’occupait de lui. Commence alors pour Joseph un calvaire, un chemin de croix menant de Bruxelles à Londres, qu’il accomplira seul. Arrivé dans la capitale anglaise à la limite de l’épuisement, il montre aux policiers qui l’entourent la carte de Treves. Celui-ci va dès lors recueillir Joseph, et l’aider à terminer ses jours dans la paix que l’infortuné garçon a toujours ardemment souhaitée…

Joseph Carey Merrick

Mon avis sur Joseph Carey Merrick

Je ne vais pas commencer à critiquer le scénario car, même si largement édulcoré pour pouvoir tenir en un album de bande dessinée, l’histoire de Joseph Carey Merrick reste l’histoire de Joseph Carey Merrick et rien ne pourra changer l’affreuse vie que ce jeune homme a dû subir pendant une trèèèèèèèès large partie de sa courte vie.

Par contre je soulignerais plus l’apport que cette bd a eu pour moi car, comme une grosse majorité des gens, je ne connais de la vie de Joseph que le côté monstrueux et bête de foire exposé d’abord à Londres et puis à Bruxelles (enfin ça je l’ai appris dans la bd…) qui a été véhiculée comme référence de laideur – oui enfin faut-il le préciser – en occultant l’homme qui se cachait loin derrière ses (ou ces) difformités…

J’ai trouvé, les dessins, bien que pas vraiment à mon goût, bien réalisés et les couleurs rendent bien l’atmosphère lourd qui pesait sur ce pauvre homme.

Mais pour être honnête, la phrase ou plutôt le passage qui m’a le plus marqué est cette phrase du Docteur Treves à la fin de l’album : « Peu importe la chair… Si en tant que spécimen humain, Joseph Merrick était ignoble, son esprit était d’une beauté que peu possèdent… Et qu’aurait pu lui envier tous ceux qui l’ont méprisé »…

Les deux post-faces apportent un éclairage sur la genèse de cette biographie surtout celle rédigée par Denis Van P – le dessinateur – qui y explique comment il a découvert Joseph et un pourquoi il a voulu réaliser cette oeuvre.

Pour conclure je dirais que la vie de Joseph nous montre que même si le physique est de nos jours un des critères, si pas le plus important, il ne faut pas (nécessairement) s’attarder dessus et essayer de passer outre pour découvrir la personne (bonne ou mauvaise) qui se cache derrière !

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Xavier

Passionné de bandes dessinées depuis une petite dizaine d'années, je me suis enfin décidé à partager cette passion au travers d'un blog. Au début les chroniques étaient postées sur mon blog perso thiriaux.be mais voulant pouvoir garder une ligne éditoriale plus "personnelle" sans mélanger le tout j'ai donc décidé de séparer les bandes dessinées du reste et objectif-bd.be est ainsi né :)

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