Le dessein

Le dessein (Glénat)

« Nous n’avons pas retenu votre projet, car il ne correspond pas à notre ligne éditoriale. » Tous les matins, ce jeune auteur reçoit la même lettre de refus déprimante… Mais alors qu’il croit être tombé dans les abysses de la loose attitude, il fait la rencontre, déterminante, d’un vieux bonhomme aux allures de clochard, qui lui fait la surprenante proposition de le guider sur le chemin du parfait auteur de BD.

Quel message transmettre ? À quel public s’adresser ? Comment adapter son dessin au propos ?… L’art séquentiel n’a aucun secret pour lui ! Sauf que la voie pour devenir le meilleur dessinateur est longue et sinueuse. Notre jeune apprenti a-t-il seulement la force et le courage d’affronter toutes les épreuves ?

On pourrait résumer « Le dessein » en ces quelques mots : « Le parcours initiatique d’un jeune auteur dans l’apprentissage des codes et valeurs de la bande dessinée moderne », mais ça serait très réducteur, car il comporte bien plus que ça et on pourrait presque penser que cette histoire est celle de son auteur, Jonathan Munoz.

Mais la lecture de cet album ne s’arrête pas à la vie d’apprenti de son héros, mais aborde aussi la vie, suite à sa mystérieuse disparition après le concours de dessinateur, du clodo-gourou qui lui sert de mentor. On apprend alors que l’homme (qui a un petit air de Lewis Trondheim), avant de tomber aussi bas, était un dessinateur de talent qui a perdu le goût de dessiner après le décès de sa femme et la parution d’un dernier album « Sansénar », un album qui tiendrait presque de génie, car c’est son héros qui le dessine.

Niveau dessin, j’ai trouvé que les traits de l’histoire principale ne cassent pas trois pattes à un canard, mais j’avoue que les croquis réalisés par l’apprenti dans le cadre de son apprentissage sont superbes et ceux de « Sansénar » sont tout aussi intéressants. Ce changement de style constant montre que Munoz maîtrise parfaitement son art et qu’il est à l’aise dans n’importe quel style.

« Le dessein » est une bonne surprise et vaut le coup d’être parcouru, car il nous laisse entrer dans le monde sans pitié de l’édition de bandes dessinées tant avant d’être connu qu’après.

Le dessein

17,5€
Le dessein
7.5

Scénario

8.0 /10

Dessins

7.0 /10
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