McCurry, NY 11 septembre 2001 (Dupuis)

« McCurry, NY 11 septembre 2001 », c’est l’histoire d’un homme, Steve McCurry, qui est devenu photographe de guerre un peu par hasard et qui a échappé à la mort plus d’une fois.

Le monde entier connait une photo prise par Steve McCurry. C’est le célébrissime portrait d’une jeune Afghane aux yeux verts et au châle rouge. La photo a été prise en 1984 dans un camp de réfugiés au Pakistan, il s’agit de Sharbat Gula.

Steve McCurry
Sharbat Gula

Cette photo est importante dans la vie de Steve McCurry. C’est un lien indéfectible qui s’est créé entre le photographe et l’Afghanistan. Et, quand le 11 septembre 2001, les deux tours du World Trade Center s’effondrent, c’est toute sa carrière qui défile sous ses yeux.

Le 11 septembre 2001, Steve McCurry est en plein décalage horaire, il revient tout juste d’un voyage au Tibet. Réveillé à l’aube, il est en train de trier ses diapositives quand, à 8H46, un premier avion fonce dans une des deux tours jumelles. Le voilà en pleine scène de guerre dans son propre quartier de New York, un quartier dans lequel il habite depuis plus de 30 ans. Un quartier dans lequel, où que l’on soit, on voit toujours les deux tours, symbole de New York.

dessin
McCurry, NY 11 septembre 2001

L’homme raconte son besoin de descendre dans la rue, le plus vite possible, son besoin de se rapprocher et de photographier ce moment, d’être au plus près. S’il avait écouté son instinct, il aurait été englouti par la deuxième tour qui s’est effondrée. Mais il a attendu, il a changé ses objectifs et il a vu cette deuxième tour s’effondrer depuis le toit de son immeuble.

World Trade Center

Cette bande dessinée raconte les minutes qui ont suivi l’effondrement des deux tours, mais aussi les reportages passés du photographe en Afghanistan, au Pakistan, en Inde. Il explique aussi son besoin de témoigner. Le photographe souffre d’être parfois assimilé à un vautour qui viendrait se régaler du drame qui se déroule sous ses yeux.

Le scénario tente de nous montrer les moments clés de la vie de Steve McCurry, mais il y a quelques maladresses et on ne comprend pas toujours les liens d’une case à l’autre. Successivement dans les montagnes du Pakistan avec les réfugiés afghans, en Indonésie pour un reportage sur les moussons, à Paris lors des attentats du 13 novembre 2015 dans le stade de France pour la rencontre France-Allemagne. À chaque fois, l’homme a voulu témoigner, à chaque fois, il a frôlé la mort.

L’ouvrage se termine avec la retranscription de deux entretiens entre le photographe et les scénaristes. On y retrouve aussi un portfolio de 12 photos dont 8 inédites, jamais publiées. Finalement, c’est sans doute ça le travail d’un photographe de guerre. Être en prise directe avec une réalité d’une puissance inégalée, témoigner et espérer que les photographies prises pourront être le relais d’un message plutôt que de finir dans une vieille boite de diapositives.

McCurry, NY 11 septembre 2001

24€
7.5

Scénario

6.5/10

Dessins

8.5/10

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