Sociorama – La fabrique pornographique (Casterman)

Sociorama - La fabrique pornographique

Lorsque Howard, jeune vigile de centre commercial et fan de porno amateur, rencontre la star du genre, il saisit l’occasion de se faire inviter sur un tournage pour faire ses premiers pas comme acteur.

Mais de l’autre côté du miroir, la production d’un film pornographique se révèle moins glamour : la fabrication des fantasmes sexuels, c’est un travail des corps souvent trivial et éprouvant, soumis jusqu’à l’absurde aux logiques commerciales du genre.

Tout d’abord, un petit mot sur la collection Sociorama. La collection Sociorama signe la rencontre entre bande dessinée et sociologie. D’un côté, des sociologues amateurs de BD qui ont créé l’association Socio en cases ; de l’autre, des auteurs de BD curieux de sociologie. Ensemble, ils ont initié une démarche originale : ni adaptation littérale, ni illustration anecdotique, mais des fictions ancrées dans les réalités du terrain. Toute ressemblance n’est pas pure coïncidence…

Pour ce qui est de l’album, il me semble qu’il est utile de préciser que le contenu n’est clairement pas à mettre entre les mains des plus jeunes, car, comme vous pouvez le voir sur les planches ci-dessus, il est explicite et propose des scènes dignes d’un film porno… oh wait… c’est le but de l’oeuvre :p

Passé cet avertissement, je dois dire que l’histoire, somme toute assez banale au départ, nous propose une excellente plongée dans l’univers du porno amateur que ce soit le recrutement de nouveaux « talents » pour un porno amateur au tournage d’un film plus professionnel avec ce que cela implique du respect des angles de vues, des scènes à faire, refaire et re-refaire. « La fabrique pornographique » nous montre aussi la différence de salaire qui existe entre acteur (qui est jetable comme un Kleenex, mais dont la carrière peut durer plus longtemps) et actrice (au salaire plus élevé, mais à la carrière limitée à la fraîcheur physique, car une fois trop vieille elle ne présente plus d’intérêt pour le monde du porno).

« La fabrique pornographique » est donc une bonne fenêtre ouverte sur un univers dont on ne connaît que le produit fini sans spécialement vouloir en savoir plus sur comment ça se passe derrière la caméra alors que le savoir est sans doute un des meilleurs moyens de pouvoir respecter tant les acteurs, mais surtout les actrices qui, à l’époque actuelle où les femmes sont de plus en plus considérées par certains cons comme de simples bouts de viandes, ne sont juste prise que pour des putes ou des salopes.

Sociorama - La fabrique pornographique

12€
7.5

Scénario

8.0/10

Dessins

7.0/10

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